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Friday 18 October 2019

Aviation Days 2019

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Aviation Days 2019
Organisés ces 22 et 23 juin, les Aviation Days ont fait le plein de soleil et de spectateurs sur la base de Florennes ainsi qu'à l'aérodrome de Cerfontaine. Ce partenariat a pour but de promouvoir le monde de l'aviation civile et militaire au cœur de la province de Namur et est pour la Composante Air, toujours à la recherche de nouveaux talents, une excellente occasion de présenter quelques-unes de ses nombreuses spécialités.

Camp militaire WW2 Baptême en parachute Camp militaire WW2
Yak 50 Aviation Days 2019 Boeing Stearman
Sonaca 200 UAV - 80 sqn Piper Cub - SV4C




Demoteams
Démoteams : entre élégance et savoir-flare

Les trois équipes de démonstration de la Composante Air participaient aux festivités.

Les Red Devils alignés au cordeau sur la piste secondaire de Florennes, au centre de la zone publique, n'ont pas manqué de faire le show les deux jours, au sol comme dans les airs.

L'A109 solo display opérait lui depuis sa base de Beauvechain. À Florennes comme à Cerfontaine, il a offert au public quatre démonstrations comme toujours ponctuées de lancers de flares du plus bel effet dans le bleu du ciel.

Le Dark Falcon, par contre, n'a pu effectuer que trois présentations sur les quatre prévues initialement. En effet, il était l'un des invités de marque du salon aéronautique du Bourget où il effectua une prestation remarquée. Un honneur qui montre bien à quel point la présentation de Vador sur le plus célèbre des F-16 de démonstration est appréciée à l'étranger. Face à un public certes plus réduit mais tout aussi enthousiaste, le chasseur à la tête de faucon a montré à Cerfontaine et à Florennes tout ce dont il est capable. Opérationnel depuis maintenant quarante ans au sein de la Force Aérienne, l'appareil suscite toujours autant d'engouement.

Les Cadets de l'Air ont eux aussi assuré le spectacle à Florennes. Cette association, qui vise à offrir à des jeunes une première expérience dans le domaine de l'aviation au travers du vol à voile, est souvent considérée comme l'antichambre de la Composante Air. La démonstration toute en finesse d'un Piper évoluant en formation serrée avec un planeur Orion avait en tous les cas de quoi impressionner.




Invasion Stripes

Invasion Stripes

L'année 2019 a été marquée par de nombreuses commémorations des 75 ans du débarquement de Normandie, prélude à la fin du deuxième conflit mondial. Dans ce cadre, la Composante Air a pris part à différents hommages rendus à ses anciens et aux vétérans. Trois appareils ont été spécialement décorés pour l'occasion et ornés des bandes d'invasion noires et blanches peintes sur le fuselage et les ailes des avions alliés lors du débarquement. Les 349e et 350e escadrilles ont chacune décoré un appareil (respectivement les FA-124 et FA-57) représentant un Spitfire au-dessus des plages normandes. La 20e escadrille avait choisi d'appliquer les bandes d'invasion sur le CH-11, en l'honneur des équipages du 525 squadron, une unité du Transport Command de la RAF équipée quasi exclusivement de Belges à la fin du conflit et considérée comme le berceau du transport aérien militaire belge.

L'évolution de ces trois avions en formation le dimanche dans le ciel de Florennes était tout à fait inédite. La présentation en vol du Dark Falcon et d'un Spitfire Mk XVI est venue magnifiquement compléter ce tableau du souvenir.

 



GAMA, une visite exeptionnelle

GAMA, une visite exceptionnelle

Cette année, la base de Florennes a entrouvert les portes des installations de la zone GAMA (GLCM Alert and Maintenance Area), utilisée de pendant cinq ans par l’US Air Force. Une opportunité tout à fait unique.

Le contexte

Vers la fin des années 70, profitant d’une faille dans les accords SALT 1 (Strategic Arms Limitation Talks), l’URSS déploie dans les pays du Pacte de Varsovie des missiles balistiques SS-20 d’une portée de près de 5000 kilomètres et porteurs chacun de trois têtes nucléaires. Face à la menace que font peser ces missiles sur l’Europe, l’OTAN prend en décembre 1979 la décision de déployer à son tour 108 missiles de type Pershing II et 464 missiles de croisières BGM-109G Gryphon. Six Main Operating Bases sont construites en Europe pour un budget de près d’un milliard de dollars. L’une de celles-ci est établie sur la base de Florennes. Elle abritera le 485th Tactical Missile Wing entre 1984 et 1989.

Le site

La zone GAMA est hautement sécurisée. Elle est entourée d’une double clôture de barbelés munie de détecteurs de mouvement (par fils et par radar). En son centre, un mirador de 24 mètres doté de vitres blindées permet de surveiller l'ensemble du site par caméras. L’entrée se fait par un poste de garde fortifié et équipé d’un système de blocage hydraulique empêchant l’entrée des véhicules.

À l’intérieur de l’enceinte se trouve le bâtiment de maintenance des missiles et trois Ready Storage Shelters (RSS). Ces trois bâtiments font une dizaine de mètres de haut et sont capables de résister au souffle d’une bombe nucléaire ou à l’impact direct d’une bombe de 2500 livres. Chaque RSS abrite un flight de 70 personnes et comprend un bunker de commandement souterrain, des locaux réservés au personnel et trois baies dans lesquelles se trouvent six camions : deux Launch Control Centers (LCC) et quatre Transport Erector Launchers (TEL) équipés chacun de quatre missiles. Les deux extrémités de ces baies sont munies de ponts-levis hydrauliques. Sur les trois flights prévus, soit une capacité de 48 missiles, seul un sera effectivement déployé. Si les missiles peuvent être lancés depuis les installations de Florennes, en opération, un flight se déploie normalement à plus de 50 kilomètres de sa base. Les camps de Laglan et de Marche-en-Famenne serviront régulièrement de zones de dispersion (dispersals) lors de différents exercices.

Une brève existence

Le 485th TMW est officiellement activé à Florennes le 1er août 1984. Il n’aura qu’une brève existence sur la base car la signature du Traité INF (Intermediate Nuclear Forces) par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en décembre 1987 mettra un terme à ce dernier bras de fer de la Guerre froide et entraînera le démantèlement des installations, entièrement vidées et abandonnées par l’USAF le 28 février 1989. Les bâtiments de la zone GAMA sont aujourd’hui utilisés par le 2e Wing comme zone d’entraînement ou de stockage.
 

Texte: Vincent Pécriaux
Photos: Vincent Pécriaux, Daniel De Wispelaere